Ils s’appelaient Castaing, Broustaut, Dupuch, Chollet, ils étaient marins, charpentiers, boulangers, bouchers, instituteurs, médecins.

Ils vivaient dans ce petit village, blotti au bord du Bassin d’Arcachon, tout simplement quand l’Histoire les a rattrapés un beau matin du mois d’août 1914.

Certains n’avaient jamais franchi les frontières de Mestras et voilà qu’on les envoyait dans le Nord de la France.

Ils partaient pour quelques semaines, espérant bien vite retrouver l’odeur iodée de leurs ports. Ils ne s’attendaient pas à devoir s’enterrer dans la boue et la crasse, dans le froid et la peur.

Quatre années d’horreur, d’angoisse, de souffrances et de privations les attendent. Quatre années qui voient disparaître plusieurs générations. Tous ceux qui vécurent cette période, revinrent des combats à jamais transformés, à jamais marqués, pour certains à jamais brisés. Si d’aucuns se murèrent dans le mutisme absolu, d’autres voulurent raconter pour témoigner, pour que l’on n’oublie pas et qu’une telle horreur ne se reproduise pas.

Pouvaient ils imaginer les Bedat, les Condom, les Daisson, les Tauzin, les Rousset, les Lagauzère, tous ces barbots , qui avaient quitté leur Gujan, leur Mestras au petit matin, que 100 ans après, nous nous retrouvions aussi nombreux au pied de ce monument aux morts où sont gravés leurs noms en mémoire de leur sacrifice pour la liberté de leurs enfants et petits enfants.

Les témoins de cette période ont désormais tous disparu et cependant la ferveur de ce 11 Novembre ne faiblit nullement. La France se souvient du sacrifice de ceux qui ont versé leur sang pour assurer la libération de son sol.

Ce 11 Novembre puise toute sa signification dans l’absolu devoir de mémoire , ce jour, qui sans enlever quoique ce soit aux autres jours de commémoration, devient par excellence le jour de recueillement et de reconnaissance pour tous les soldats tombés au champ d’honneur.

Si la guerre a désormais quitté nos terres depuis plus de 60 ans, il nous faut tout faire pour maintenir cette dynamique de paix, de prospérité partagée et de fraternité. Sachons tirer les leçons du passé. Soyons conscients de la fragilité de notre société qui n’est jamais à l’abri du retour de la barbarie. L’actualite nous le rappelle chaque jour.

Aujourd’hui pensons à nos pères morts pour nous, morts pour que le monde soit meilleur, plus juste, plus fraternel, plus libre.

Vive la Paix, Vive la République, Vive la France, Vive Gujan Mestras.